Une journée en Gruyère
Il y a des journées où l’hiver ne s’annonce pas encore par la neige, mais par le froid. L’air devient plus vif, les paysages prennent des teintes plus douces et la lumière, elle aussi, semble changer de rythme.
En Gruyère, cette lumière de saison donne aux paysages une atmosphère particulière. Les montagnes paraissent plus imposantes, les pâturages se reposent, les villages semblent ralentir. Chaque rayon de soleil devient précieux, surtout lorsque le froid commence à s’installer.
C’est dans ces moments que je prends mon Fujifilm X-T5. Son capteur me permet de conserver beaucoup de détails et de nuances, même lorsque la lumière baisse. En hiver, la montée en ISO devient souvent nécessaire : les journées sont plus courtes et la lumière peut rapidement disparaître derrière les montagnes. Mais le X-T5 garde une belle qualité d’image et permet de travailler naturellement, sans avoir besoin de transformer chaque prise de vue en séance technique.
Pour cette journée, j’ai choisi le Fujinon XF 27mm f/2.8 R WR. Un petit objectif qui sait se faire oublier. Son format pancake rend l’ensemble particulièrement compact et léger, parfait pour marcher, observer et photographier sans avoir l’impression de transporter tout un équipement.
Avec sa focale équivalente à environ 41 mm en plein format, il offre un angle de vue très proche de celui que nous percevons naturellement. Il est suffisamment large pour intégrer un paysage, tout en restant assez proche pour donner une vraie présence aux détails : une ferme isolée, une clôture, une façade, un chemin qui disparaît dans le paysage ou simplement une lumière qui vient frapper les montagnes.
Son ouverture f/2.8 permet également de continuer à photographier lorsque la lumière devient plus faible, tout en offrant une certaine séparation entre le sujet et l’arrière-plan. Et surtout, son autofocus rapide, sa discrétion et sa résistance aux intempéries en font un compagnon particulièrement agréable lorsque les conditions deviennent froides et changeantes.
Je marche donc avec peu de choses : un X-T5, un petit 27 mm et cette envie de regarder autrement.
Car finalement, photographier la Gruyère en hiver, ce n’est pas seulement chercher les grandes images. C’est apprendre à voir la beauté dans une lumière fragile, dans un paysage qui semble endormi, dans le contraste entre le froid de l’air et la chaleur d’un chalet.
Et parfois, il suffit simplement d’être là, au bon endroit, avec le bon regard.
Et puis vient l’heure où l’on quitte les chemins pour retrouver la chaleur d’un chalet.
En Gruyère, le froid donne encore plus de goût aux choses simples. Une fondue fumante posée au milieu de la table, le pain que l’on trempe lentement dans le fromage, les conversations qui s’étirent et les rires qui réchauffent presque autant que le feu.
Et puis il y a la double crème, épaisse, douce, presque indécente de gourmandise, déposée sur quelques meringues. Un dernier plaisir avant de laisser la journée s’achever.
Dehors, le froid gagne du terrain. Dedans, les verres se remplissent, les sourires restent et le temps semble suspendu.
La photographie a quelque chose de merveilleux : elle ne peut pas retenir une journée, mais elle peut en garder une trace. Une lumière, un regard, une table, un paysage… et parfois même le souvenir d’une fondue partagée.
Car au fond, ce ne sont peut-être pas les montagnes que l’on cherche à immortaliser.
Ce sont les moments que nous avons vécus devant elles.
Et lorsque la lumière s’éteint derrière les montagnes de Gruyère, il reste cette douce sensation : celle d’une journée simple, belle, généreuse… et déjà devenue un souvenir.
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