Cette église que je ne reconnais plus !

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Eglise

C’est enfin dimanche.

Ma grand-mère me réveille et nous nous préparons pour partir à l’église.

Un rituel qui n’en est pas vraiment un.

Me reviennent alors les chants, les gens, les odeurs… des ancrages simples, agréables et spontanés.

Que l’on soit croyant ou non, ce moment permettait de se retrouver en famille, de rencontrer du monde, et de terminer autour d’un bon repas. C’était dimanche, et cela faisait du bien.

Tout se vivait avec simplicité de cœur et émerveillement. En tout cas, pour ma part, le souvenir reste doux et agréable.

Puis les années ont passé.

Nous allons toujours à l’église… mais quelque chose a changé.

Il plane comme une atmosphère étrange. Beaucoup de bruits, beaucoup de contenus, très riches — trop riches — que l’on peine à retenir.

Il y a cette impression de vie, portée par une multitude de « amen » répétés par tous, et par la multiplication de messages, de sujets, d’annonces organisées… mais sans réellement ressentir l’authenticité qui transparaît lorsque le Christ parle à ses disciples.

On donne l’impression de s’intéresser à l’autre, mais sans véritable implication.

On y voit parfois des superstars qui ne veulent surtout pas paraître comme telles.

Les messages et les témoignages s’enchaînent, comme pour prouver que la vie est bien là… mais au final, que retenons-nous vraiment de ce que nous avons entendu ?

On parle de liberté dans la « louange », alors que le cadre est si précis que même ceux qui dirigent ne perçoivent plus l’étroitesse de l’espace dans lequel ils évoluent.

À quand un temps simplement inspiré et improvisé ? Ou un échange spontané avec mon voisin ?

Je me souviens de ces paroles :

« Souriez, c’est dimanche… tout est prêt, tout est prévu d’avance ! »

L’organisation, en soi, n’est pas un problème.

Mais où est passée la vie véritable, authentique et joyeuse ?

Les temps musicaux sont bons, certes… mais pourquoi sont-ils devenus obligatoires, dimanche après dimanche ?

Les temps d’encouragement sont précieux… mais pourquoi les multiplier sans s’assurer que le dernier soit réellement compris et retenu ?

Mieux encore : pourquoi ne pas offrir la possibilité de questionner l’orateur, afin d’approfondir et d’éclairer ses propos ?

Bref… c’est devenu complexe.

Il y a toujours quelqu’un pour veiller à ce que l’atmosphère reste mystique et feutrée.

Et si les pleurs sont au rendez-vous, la réunion est alors jugée belle… mais la joie, elle, est rarement recherchée.

On pointe ce qui ne fonctionne pas, les problèmes des uns et des autres — problèmes que chacun connaît déjà — au détriment de temps de joie et de vie, de véritables espaces d’échange et de dialogue, si essentiels à l’être humain.

Et finalement, une question demeure :

où est passée la joie simple, celle qui ne se programme pas et ne se prouve pas ?

Avons-nous encore la place pour la simplicité, pour un temps non prévu, un silence, un échange spontané avec celui qui est à côté de nous ?

Laissons-nous vraiment de l’espace à la vie, à ce qui est vivant, imprévisible, parfois désordonné, mais profondément humain ?

Pourquoi la joie est-elle si peu recherchée, alors qu’elle est pourtant un fruit attendu ?

Avons-nous confondu profondeur et gravité, émotion et vérité, organisation et vie ?

Et si nous osions moins de contenus et plus de présence ?

Moins de maîtrise et davantage d’écoute ?

Moins de démonstration, et plus de relations vraies ?

Peut-être que le chemin n’est pas de faire plus, mais de faire plus simple.

Et si, finalement, c’était cela, retrouver la vie… et la joie du dimanche ?

RL - Authentique Connexion - Mars 2026

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Discerner les loups, comprendre leur esprit.